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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:40

 

 

Un petit article pour vous présenter un auteur d'Isan,

que je viens de découvrir

Pira SUDHAM



 

 

 

pira-sudham

 

Pira SUDHAM est né en 1942 dans une famille de paysans pauvres d'Isan dans le village de Na Pho dans la province de BURIRAM.

 

 

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A quatorze ans, il part étudier à BANGKOK où il devient un « Wat Dek » à savoir un garçon qui aide les moines (jeune homme vivant dans un temple et assistant les moines).


Pour subvenir à ses besoins il vend des souvenirs aux touristes dans les rues de BANGKOK.


Il étudie ensuite à l' Université CHULALONGHOM de BANGKOK où, remarqué par ses professeurs, il obtient une bourse du gouvernement de la Nouvelle Zélande pour aller étudier dans ce pays.

 

Il y poursuit des études d'anglais et de littérature d'abord à l'Université d'AUCKLAND, puis à celle de VICTORIA et enfin à l'Université de WELLINGTON.

 

En Nouvelle-Zélande, il écrit des histoires courtes qui sont publiées chaque trimestre par les Editions LANDFAL PRESS.

Ces histoires seront la trame de son premier livre " Siamese Drama " qui sortira en 1983.

 

Il faut noter que toute son oeuvre  a été publiée dans sa version originale (en langue anglaise) en Australie, aux Etats-Unis, à HONG KHONG et en Thaïlande mais que la plupart de ses romans ont été traduits dans de nombreuses langues comme l'allemand ou le français.

 

Très lu et très apprécié, ses œuvres ont donné une voix

aux pauvres de Thaïlande mais surtout

à ceux d'Isan.

 

Pira SUDHAM apporte la lumière dans la vie des gens ordinaires qui vivent dans l'obscurité au sein de villages reculés d'Isan.

 

Avec l'habileté et le savoir d'un écrivain sensible, il transmet la voix intérieure de ses sujets qu'ils soient analphabètes, timides ou insignifiants comme ils apparaissent et sont dans leur vie quotidienne.

 

Pour évoquer cette simplicité et cette sensibilité il emploie une prose claire et directe.

 

A la différence de nombreux autres auteurs thaïs Pira SUDHAM écrit à propos de son peuple et de son pays comme on le voit de l'intérieur.



 

"In my mind I carry memories of childhood, of life in villages, much as a pregnant woman carrying a child.

Every day these images grow, and I know that one day I shall have to give birth to them through the medium of writing.

Besides, I don't want people in our villages, so far removed from other peoples because of distance and poverty, to be born, suffer and to die in vain."

                                                                                                      

                                                                        Pira Sudham



LA PLUIE



Poème inspiré de la première nouvelle

Du livre Enfances thaïlandaises.




Sécheresse – Vent – Poussière - Famine

Enfants qui observent…

Enfants qui observent et ne comprennent pas,

Ils ne sont pas admis dans la douleur des adultes.

Sécheresse – Vent – Poussière - Famine

Ils ne peuvent que regarder

Regarder les rites magiques,

La sauvagerie désespérée…

Que regarder le dernier espoir

Quand les ressources humaines ont échoué.

Enfants qui observent et ne comprennent pas

Les rites accomplis par les anciens.

Sécheresse – Vent – Poussière - Famine

Et toucher le fond du désespoir

Si son ami s’en va.

Sécheresse – Vent – Poussière - Famine

Un enfant s’offre en sacrifice aux Puissances.

Lui, si petit, ne pourra manquer d’être pris en pitié



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Tout en utilisant sa propre expérience de vie, l'auteur met en scène les personnages et les circonstances de la vie des villageois d'Isan.

 

Ses œuvres sont très critiques de l'ignorance organisée et de la corruption érigée en système.

 

Nominé pour le prix Nobel 1990 de littérature même si ceci ne fait pas de lui un « grand écrivain » Pira Sudham a mis en évidence son importance comme un écrivain qui croit que la littérature peut améliorer la compréhension entre les différentes cultures et le changement social.


Il parle au nom du peuple de l'Isan qu'il appelle Esarn, cette partie de la Thaïlande la plus économiquement et politiquement défavorisée.

 

Dans chacune des principales œuvres il rédige une introduction dans laquelle il fait valoir le lien entre son écriture et son peuple.



« Nos vies sont soumises à la merci de la nature: inondations, sécheresse, maladie, et rareté.

Avec endurance, nous acceptons notre destin en tant que quelque chose dont nous ne pouvons aller à l'encontre.

Je connais la bonhomie, l'hospitalité et l'analphabétisme de notre peuple ainsi que l'égoïsme et la corruption.

Je connais l'arrogance des commerçants, des intermédiaires et leur ignorance....

Ce que j'ai vu et appris dans l'enfance m'a profondément touché »



Il déclare aussi qu'il veut trouver une place dans la littérature pour les pauvres de Thaïlande, de sorte qu'ils ne vivront plus inaperçus et qu'ils ne mourront plus en vain ».


Dans l'accomplissement de cet engagement (et toute son écriture est dominée par la «grande plaine" de l'Isan, même si son action extérieure se produit en Europe), Sudham reste honnête sur les aspects positifs et négatifs de la vie dans cette région.



Ses Œuvres

 


  • 1983 : Siamese Drama, The Shire Books, BANGKOK

 

Siam Drama



Collection d'histoires courtes, paru en 1983



  • 1987 : People of Esarn, The Shire Books, BANGKOK


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  • 1988 : Monsoon Country et 1989 Terre de Mousson (Traduction)


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Premier roman,

 Monsoon Country a été publié en 1988


 

 

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L’itinéraire au sens physique et spirituel du jeune Prem, sixième enfant d’une famille de paysans, qui vit dans la région la plus pauvre de la Thaïlande, l’Isan, au nord-est du pays près de la frontière cambodgienne voilà l’argument du roman Terre de Mousson, titre anglais : Monsoon Country.



Comme les enfants de son âge et de sa condition sociale, Prem garde les buffles dans les rizières qui entourent son village.

Il va aussi à l’école communale et son maître l’encourage à poursuivre ses études, d’abord secondaires puis universitaires.

Le sentiment qu’il a besoin de parfaire son éducation à l’étranger et l’obtention d’une bourse d’études vont le conduire en Angleterre.

Il y découvrira le mode de vie occidental, l’appétit de consommation et l’importance attachée au paraître.

Ses études achevées il se détachera pourtant très vite de ce monde qu’il devine d’illusion et retournera près de sa famille.

Il décide alors d’embrasser la vocation monastique et de servir le Bouddha.



Opposition entre valeurs traditionnelles et valeurs modernes, pureté du monde paysan et corruption de l’univers des villes, les antagonismes que l’on devine puisés aux sources autobiographiques ne manquent pas dans ce roman initiatique, et rafraîchissant comme une pluie de mousson.



Et l’envie de partir visiter cette province pauvre

du royaume de Thaïlande

vous gagne après avoir lu le roman.



  • 1990 : Enfances thaïlandaises, Fayard, PARIS



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« Dans ce livre, comme dans le précédent de l’auteur, (Terre de mousson, éd. Olizan, Genève, 1989), c’est le cœur de la Thaïlande qui bat, c’est l’âme des «petits», des humbles, de ceux des campagnes qui se désertifient, de ceux des poches de misère créées par la grande ville et son essor.


C’est le cœur, le souffle d’un peuple en marche dans un monde en mutation, où tout va si vite que certains s’essoufflent à courir et s’arrêtent en bordure du chemin, que certains perdent leur âme dans le clinquant de la modernité.


C’est le cœur, le souffle d’un peuple du courage où il n’est plus toujours possible de croire en l’immuabilité des choses, quand chaque jour il faut se recréer de nouveaux repères.


Le ton du livre sonne si juste à mon oreille que sur chaque personnage décrit, je peux mettre un visage, un nom, d’un de ceux que pendant plusieurs années j’ai rencontrés, connus, aimés dans les rues et bidonvilles de Bangkok.


Seul regret que j’adresserais à Pira Sudham : les petits, les humbles – qu’il doit beaucoup aimer pour en parler si bien – ne liront pas son livre. Son chant ne sera pas caresse à leur oreille, car ses livres, celui-ci comme les autres, Pira Sudham les a écrits en anglais.


Mais je souhaite que beaucoup puissent savourer ce livre.

 

Car l’auteur a su, malgré la langue étrangère, rendre la bonne tonalité, conserver toute la poésie contenue dans la langue thaï et permettre aussi à des Farangs ( étrangers blancs) d’entrapercevoir l’âme thaïlandaise.


Un conseil : lisez et relisez encore le prologue.»


Cathérine Theurillat. «A propos d’un livre». Revue Quart Monde,N°147



  • 1996 : Tales of Thailand, Rothershire Rdition, BANGKOK



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  • 2002 : The Force of Karma




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  • 2004 : Shodowed Country :DCO Books, BANGKOK

 


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Quand il célèbre les rituels religieux et les cycles de vie qui imprègnent la vie de son village avec cohérence et calme, il expose en même temps la corruption des responsables locaux, l'attrait des villes et la prostitution, la honte de nombreuses personnes déplacées, les ambiguïtés du changement (en particulier de l'occidentalisation), et le rêve révolutionnaire qui persiste après les massacres d'Octobre 1973, de 1976 et le 18 mai 1992.

 

Alors qu'il peut en toute confiance et inconsciemment, appeler au symbolisme naturel et religieux qui fait toujours partie intégrante de la vie rurale thaï, il représente son peuple avec le détachement objectif d'un réalisme social.

 

Il est un garçon du village qui, grâce au sacrifice de ses parents, quitte la maison pour le bien de l'éducation, passe du temps dans un monastère de Bangkok, gagne une bourse pour étudier en Angleterre, et renonce finalement aux plaisirs de la culture européenne préférant rentrer chez lui et tenter une réinsertion difficile.

 


Revenu dans son village natal de Na Pho, Pira Sudham partage dorénavant sa vie entre l'Europe et la Thaïlande.

 

Sous les auspices du Pira Sudham Estate, il a fondé une école dans son village et s'occupe de diverses oeuvres de dévéloppement.

 

 

 

 

 

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Gérard et Leuagn

 

เจอหรารด์และเหลือง

 

 

  




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commentaires

Jean Luc Martin 15/12/2011 17:00


Bonjour,


vos articles sont très intéressants et celui ci ne fait pas exception... Il est bien dommage que depuis février 2011, il n'y ait plus d'articles de parus sur ce blog de qualité... et toujours
rédigés dans un français irréprochable... JL

gérard.leuagn 19/06/2012 14:04



Bonjour,


je suis désolé de vous répondre avec autant de retard mais suite à de gros ennuis de santé c'est vrai, je le reconnais, j'ai mis mon blog en sommeil.


Je vous remercie pour vos commentaires.


J'espère pouvoir reprendre d'ici quelques temps ce blog car j'ai vraiment de la matière pour rédiger de nombreux articles.


Bien cordialement.


Gérard



jeffdepangkhan 19/02/2011 15:10



Bonjour,


Je trouve cet ecrivain de tres haute tenue et j'ai fortement appreciee"terre de mousson",cette histoire tellement vrai,de cet instit'qui tente d'ouvrir son "ecole"dans un village qui ressemble
tellement a celui ou je vis aujourd'hui,une histoire telle qu'on pourrait la vivre encore aujourd'hui en I-SAN...Cet auteur me touche particulierement..Merci d'en parler aussi bien!!!!Aurais tu
des plans pour pouvoir se procurer les autres ouvrages en langue francaise de cet auteur???


cordialement,


Jeff de Pangkhan



gérard.leuagn 20/02/2011 06:27



Bonjour et merci pour ce commentaire.


Je suis tombé moi aussi comme d'autres français qui aimont cette région et ce pays sous le charme de cet auteur.


J'ai essayé de trouver ses livres en langue française mais malheureusement toutes les éditions sont épuisées (et j'ai regardé sur de nombreux sites).


La seule solution (car je ne sais si les oeuvres de Pira SUDHAM seront réédités et si oui quand) est de se les procurer en langue anglaise (on peut les trouver en Thaïlande auprès de plusieurs
maisons d'édition) mais il faut maîtriser correctement voire plus la langue anglaise  car entre parler et comprendre toutes les nuances d'un roman ce n'est pas pareil.


Cordialement


Gérard



Chris 16/02/2011 00:59



Les maux d'ISAN peuvent être également exprimés par les Arts Plastiques ( peinture + vidéo + sculpture ). Et jusqu'à l'Art conceptuel qui intellectualise encore plus l'idée ou le sujet développé



Nous avons accés heureusement, ici en Europe, à un cinéma thaïlandais haut de gamme qui va dans ce sens ( malheureusement actuellement encore censuré en Thaïlande )



gérard.leuagn 16/02/2011 11:22



Bonjour Chris,


merci beaucoup sur ces précisions car il est vrai que la littérature n'est pas le seul moyen d'expression des sentiments d'une manière générale et pour le cas présent des maux d'Isan comme ceux
décrits par Pira Sudham.


Cordialement


Gérard


 


 



Michel > Le Billet de Michel 05/02/2011 12:28



Voila un bel article qui donne envie d'en connaitre plus sur cet homme et ses écrits.


Je viens de vérifier la disponibilité des ouvrages en Français (déjà anciens). Hélas, il semblerait que tous les deux sont EPUISES chez l'éiteur.






Gérard et Leuagn 09/02/2011 10:32



Bonjour Michel,


j'ai lu que tu avais des problèmes avec internet...je te souhaite que cela se règle rapidement.


Concernant cet auteur thaï il n'y a aucune oeuvre traduite en français actuellement disponible car toutes les éditions ont épuisées.


On ne peut trouver les ouvrages qu'en anglais (disponibles auprès de maisons d'éditions thaïes par exemple).


Si cela t'intéresse je te donnerai l'adresse.


C'est bête car je voulais acheter un ou deux livres de cet auteur que j'ai trouvé vraiment passionnant mais en anglais je suis un peu refroidi car ce n'est pas évident.


Piram SUDHAM mérite d'être connu;


Amitiés Gérard



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 04/02/2011 00:54



Je suis jaloux , tant j 'aurais aimé écrire cette admirable présentation de Pira  Sudham ...qui donne envie de le lire. Surtout que j'ai toujours pensé que la "littérature"  était le
meilleur moyen , le plus beau chemin pour appréhender la Réalité et ici :l'ISAN. Merci Gérard



gérard.leuagn 04/02/2011 03:50



Merci baucoup pour ce commentaire, qui rédigé par un passionné d'histoire qui plus est très érudit me touche énormément et ce n'est pas de la fausse modestie.


J'ai essayé au delà d'un simple article descriptif de faire partager ce que j'ai ressenti losque j'ai découvert qui était cet écrivain, cet homme qui a un parcours atypique, sa passion pour ce
peule d'Isan, sa description de l'intérieur de ces scènes de vie quotidiennes.....


Ce n'est qu'une petite approche de son oeuvre mais je suis tombé sous le charme des récits de Pira SUDHAM, écrivain qui sort vraiment de l'ordinaire et que j'aimerais maintenant mieux connaïtre
tant il a à nous apprendre car tous ces romans ou autres contes sont la transcription de la réalité même si celle-ci est souvent très dure pour ceux qui la vivent.


Cordialement


Gérard



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